Archives de juin, 2014

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Divine souffrance

Il y a une blessure en moi,
Irréparable, insurmontable,
Elle est ma chance,
Cette souffrance,
Car elle me met dans de beaux draps,
Inspire mes songes et abreuve mes fables,
Ses marques indélébiles m’apprennent l’humilité,
Sans cerveau, sans technologie, sans identité,
Elle finira pourtant par m’emporter,
Je suis la chose de cette chose,
Mais elle fait partie de moi,
Jusqu’au bout de cette vie elle m’accompagnera,
Il suffit d’observer les traces qu’elle dépose,
Sur chaque couche de l’oignon,
Elle répond aux poisons…

Alors j’essaie de l’accepter,
Mais elle me connait bien,
Et s’acharne sur la moindre faille,
Se régale de mes nerfs contractés,
Mes cris, mes dents serrées,
Elle, la métaphore de ce venin,
Maudite muraille! Monstruosité!
Elle, qui me tue sans me livrer bataille,
Auparavant nous n’étions qu’un,
Mais nous voilà dissociés,
Tout se passe comme si j’avais divorcé,
Avec ce corps ; le mien,
Qui me dévore l’esprit, agresse ses entrailles,
Celui là même qui le dénie et aspire son énergie,
Du vide qu’il produit par son manque d’empathie…

Après tout, cela se comprend,
Légitime défense et réplique,
Cela dit, une cause provient d’un mauvais environnement,
De celui ci est partie la première pique,
Et une autre d’un mauvais conditionnement,
Ce mal je le ressens,
Encore et toujours plus,
Déchirant les tissus, brisant les processus,
Et le subir me remplit de haine,
Celle ci n’a d’issues que dans les larmes et le sang,
Les rires nerveux et narquois font l’inverse d’un remède,
Il me faut de la patience pour rechercher le Zen,
Et au final, sur ce point, la seule qui m’aide,
Vibre en moi comme des acouphènes…

Je la refoule à l’intérieur, à l’extérieur,
Sur ceux et ce qui m’entourent,
Assujetti par sa violence,
Comme un pantin,
Un acteur,
Elle me pousse, elle me lance,
Et sans fin, j’accours,
Perds ses stimuli par accoutumance,
Avec ma frousse, mes pleurs,
Vacillant de douleur,
Entre ses mains…

© Ituh Pélo.

J’ai écrit ce texte que je souhaite partager, j’en autorise donc la copie à condition qu’il soit fait mention de la source, bien entendu, merci.

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Sable rouge 8000


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Quand il sera mort

Quand il sera mort,
Sa tête, son corps,
Rendez les à la Terre,
Son âme, ses errements,
Rendez les au Vent,
Son cœur aigri,
À la Pluie,
Et son foie hideux,
Au Feu,
La foudre funeste,
Fera le reste…

Il laisse échouer son sujet,
Et néglige ce qui le constitue,
Déifie à outrance des objets,
Et s’approprie les points de vues,
S’attribue l’immunité,
Et s’empare des monopoles dans la foulée,
Massive attaque, parabole, danger!
Acheter et vendre du temps,
Jouer avec des sociétés,
Tenter, inciter, pêcher,
Lancement de dés pipés,
Des gagnants, des perdants,
Dans le tri sélectif du progrès,
Des croyants, des mécréants,
Illuminés, dépravés, dans l’excès,
Experts de la croissance mitonnée,
Chiffres falsifiés et études bidonnées,
Des compétences et du savoirs payants,
De l’ignorance et des incompétents,
Chocs sous couvert de gratuité,
De la fraternité et de l’amitié rémunérées,
Des stars marionnettes,
Et des hommes d’affaires aux manettes,
Qui s’estiment viriles alors qu’ils marchent à la baguette,
Au service des plus sadiques de notre espèce,
Des clowns en jogging et baskets,
Qui se prennent pour des bonhommes avec leurs casquettes,
Représentant les mêmes schémas qui les oppressent,
Toutes ces pétasses, tous ces connards,
Qui croient tout savoir et qui se prélassent,
Font baisser les regards et rackettent,
Qui s’la pète pour qu’on les respecte,
Cette triste folie,
Dont on fait tous partie,
À bien regarder le miroir,
Ne cherchez pas d’amour ici,
Il n’y a que sexe, décadence et gâchis…

Faut il lui demander pardon,
Avant de poser certaines questions..?
Que deviennent les enfants d’Outreau?
Amidlisa? Les enfants de Fukushima?
Quelle seront les vies de leurs descendants?
Au Congo? En Palestine? Au Rwanda?
Que se passe t il dans les banlieues du capitalisme?
Au fond des ghettos et des favelas?
En Ukraine? En Égypte? En Turquie?
En Grèce? En Irak? Au Venezuela?
En Syrie? Au Japon? Au Soudan? Au Mali?
Combien de populations réduites à l’apathie?
De complicités par omission lorsque les crimes sont commis?
Combien d’individus ravagés par le carriérisme?
De toute façon le tronc est mondial!
Sous l’empire des États Unis,
L’emprise de la guerre boursière,
L’exploitation des matières premières,
Les entreprises qui spéculent sur la misère,
Les ressources, les végétaux et le règne animal…
Peut on encore parler en termes de pays..?
Les langages se consomment et se démodent,
On complique les cryptages et d’autres les décodent,
L’intelligence est à la hauteur de la connerie…
Combien d’entre eux ont perdu la tête? Le cœur? Le sang?
Rouge… Rouge… Rouge est l’humanisme,
Empalé sur un mont blanc cassé,
Pour un jean bleu délavé,
Un orage apocalyptique défigure les cieux,
D’innombrables éclaires lui transpercent les yeux,
Crépitent en lui les chants lugubres de la radioactivité,
Une sale prière comme emblème,
Banana made in United Fruit Company et amen..!

Quand il sera mort,
Sa tête, son corps,
Rendez les à la Terre,
Son âme, ses errements,
Rendez les au Vent,
Son cœur aigri,
À la Pluie,
Et son foie hideux,
Au Feu,
La poudre funeste,
Fera le reste…

Ça crève à petit feu de partout,
Pas l’énergie de s’entraider,
Faut bien remplir la gamelle,
Ouais, faut bien grailler,
Et là il n’y a pas de secret,
Son cerveau primaire le sait…
Le stratagème du chaos social est rodé,
Ses moyens ne sont pas à la hauteur de ses goûts,
Sauf sur les écrans, les boîtes, les papiers peints, les poubelles,
Pas beaucoup de belles couleurs naturelles ni de jolies fleurs au rendez vous,
Plutôt du béton, de la peinture, et des plaques d’égouts,
Ça se bouscule pour un écran plat,
Il rêve de son petit monde et fonctionne par utilité,
De la haute technologie et des bouches trous pour se conforter,
Mais il lève à peine le petit doigt pour une sœur ou un frère à terre dans le froid,
De toute façon il oubliera, et puis ça se répètera,
Tant que ça ne le touchera pas,
Tout sera pris à ceux qui partagent et donnent,
Et puis on ne donnera plus,
On ne partagera plus,
On fera la chasse…
Car sa petite personne,
Forgées par des conditions inhumaines,
Refuse de voir la réalité en face,
Sous ses allures de faux semblants,
Se cachent déséquilibre et fragilité,
Masqués par une apparence sereine,
Pleine de confiance et d’assurance,
L’hypocrisie couvrant la méfiance avec prudence…

Les incohérences qui fondent sa matrice,
Aveuglent sa conscience par addiction et artifice,
Poussé dans ses derniers retranchements,
Par soumission ou opposition à l’autorité,
Il devient une bête, un monstre, machinalement,
Dénonçant les malchanceux pour de l’argent,
Capable de torturer et de tuer,
Penser contre ses proches et agir,
Se sentant plus libre dans l’enfermement,
Allant parfois même jusqu’à s’autodétruire…

Qui tombera verra,
Ce qui changera et persistera,
Dans le delta charlie delta,
Pi, Phi, Alpha & Oméga,
Quand tout recommencera,
Une nouvelle fois,
Et qu’apparaîtra,
L’eau de joie…

L’enfer est pavé de bonnes intentions,
Trop de liberté donne moins de liberté,
Beaucoup de rue en porte d’ailleurs le nom,
Des navires, des statues, des flammes et des ponts,
Sous estimer le positif c’est se tirer une balle dans le pied,
Minimiser le négatif ne permet que d’oublier,
Et pas de trouver des solutions,
Il se perd dans une bouteille de Klein des aspects,
Devant l’impossibilité de reconstituer des puzzles incomplets,
Il remplace les souvenirs manquants par des fictions,
Pour s’autopersuader, mais en réalité,
Tout cela est imparfait,
En fait, c’est comme les histoires victorieuses,
Les écrire revient souvent à mentir,
Sinon, il faut aimer souffrir,
Difficile de trouver une voie vertueuse,
Quand la pensée unique réclame la peine de mort et la torture,
Alors que dans l’absolu rien ni personne n’aura qui ou quoi que ce soit à l’usure…

Quand il sera mort,
Sa tête, son corps,
Rendez les à la Terre,
Son âme, ses errements,
Rendez les au Vent,
Son cœur aigri,
À la Pluie,
Et son foie hideux,
Au Feu,
La foudre funeste,
Fera le reste…

© Ituh Pélo.

J’ai écrit ce texte que je souhaite partager, j’en autorise donc la copie à condition qu’il soit fait mention de la source, bien entendu, merci.